Technique : naissance d'une poterie et d'un outil

Dernière mise à jour : avr. 8

Si quelques mots sur la technique préparatoire des céramiques vous intéressent, vous êtes au bon endroit. Voici la naissance d'une poterie.


Au tout début, le pain d'argile, ici la porcelaine. Ensuite il faut définir le poids de terre nécessaire au tournage d'une pièce, de 300 g environ pour une tasse expresso par exemple, et jusqu'à 2 ou 3 kg, voire davantage pour les pièces les plus grandes.


Après la pesée, c'est l'étape du malaxage de la terre. Pour assouplir l'argile il est important de la malaxer suffisamment pour la rendre 'plastique' c'est à dire prête au tournage. Cette étape qui peut sembler futile est au contraire très utile : c'est elle qui va déterminer notre manière de façonner la pièce. Ces 3 balles de porcelaine sont malaxées avec attention pour être souples sous les doigts et surtout n'avoir aucune bulle d'air. Une bulle dans une pièce et bam elle éclate à la cuisson ! En entrainant dans son malheur les pièces voisines sur la plaque du four... Alors patience et fermeté pour cette étape.

A présent, c'est l'étape du tournage. Les défis apparaissent à chaque geste... Le centrale est primordial pour pouvoir travailler l'argile avec la force centrifuge.


Les gestes sont précis, délicats et fermes à la fois, le potier vient imposer doucement la forme de la pièce, en respectant également chaque étape. Aller trop vite est toujours un mauvais calcul ! Les molécules d'argile ont de la mémoire, et un mauvais tournage entraine la déformation de la pièce à la cuisson.


Le lendemain dernière étape de fabrication proprement dite avec le tournassage : le façonnage du pied de la céramique. Cette étape de finition peaufine le galbe et la forme du pied. Attention à procéder bien horizontalement pour garder une pièce qui se pose bien à plat !

Vient ensuite le temps, du séchage. Le séchage est très dépendant de la météo. Elle joue un grand rôle dans la vie du potier. Temps pluvieux, séchage plus long, temps sec séchage à surveiller.

Une fois bien sèche la pièce passe en cuisson du four de 'biscuit' c'est à dire à 900 degrés pendant près de 9 heures. Elle est enfin prête à être décorée. Ici un décors au pinceau qui appellera un émail transparent pour en faire ressortir les traits. Ensuite c'est l'étape de l'émaillage, ici par trempage. L'émail qui suit une recette très précise, est composé de matières premières assemblées avec une poudre colorante. Ou pas lorsque l'émail est blanc. Le potier ajoute à la préparation l'eau nécessaire à une consistance de 'pâte à crêpe'. Le seau d'émail ainsi préparé est prêt pour tremper la pièce. Un temps de séchage encore et viendra la cuisson. Cette fois à 1280 degrés pour le grès et la porcelaine. Le protocole de chauffe doit être respecté, avec les paliers qui permettent un bon fondant de la silice, de l'alumine et des autres composants. 24 heures après c'est l'ouverture du four et la surprise de découvrir ses pièces brillantes et terminées !


Avez vous déjà entendu chanter des céramiques à la sortie du four ? Non j'imagine, c'est un privilège de l'instant magique.. J'ai fait une capsule vidéo que vous trouverez bientôt ici, elle est en cours de montage.

Et pour finir cet article sur la technique, bienvenue dans la fabrication de mes outils proprement dits, ici un tournassin. J'ai pu apprendre ce travail lors de mon apprentissage au Japon.




Tout d'abord, il faut faire chauffer à blanc une barre d'acier de 2 cm de large sur 20 cm de long. Ici elle est dans l'oeil du four et chauffe à près de 1000 degrés.






Ensuite armée des gants, du marteau et de l'enclume, j'aplatis ce fer rouge. Les gestes sont précis pour assouplir l'acier et pour donner la forme primaire de l'outil : lui appliquer un angle droit.




Le tournassin (qui forme un angle droit) est ensuite affiné sur la meuleuse, affûté selon les angles précis pour devenir un outil efficace. Attention chaque geste compte, Le tournassin est presque prêt à venir former le pied des céramiques.


C'est assez fou de voir un acier dur se plier à la forme voulue par l'action de la chaleur. Là encore nous assistons à la transformation de la matière. L'art ancestral du feu est un outil en soi, un héritage qui a tout changé pour la nourriture et pour l'outil.


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